Thursday, February 14, 2013

Brian de Palma renoue avec ses Passions


Quel bonheur que de retrouver enfin un De Palma revenu (presque) à son meilleur niveau après quelques années d’errance ! Dahlia Noir, tu peux te sentir visé… Avec Passion, il réalise un thriller quasi-érotique qui ferait presque oublier qu’il n’est «qu’un» remake du non moins bon Crime d’Amour, ultime film de feu Alain Corneau.


Le synopsis est en tout point similaire et semble simplissime à première vue : Christine, patronne d’une grosse boite de pub, est belle, fascinante même, en tout cas assez pour qu’Isabelle, sa timide assistante lui soit soumise inconditionnellement… Du moins de prime abord ! S’engage un jeu malsain d’inter-manipulation où rôles et positions sont sans cesse inversés.


Au-delà de l’apparente -et relative- simplicité de ce pitch initial, on sent affleurer des thèmes chers à ce pas-tout-à-fait-mais-un-peu-quand-même-et-heureusement pervers Brian de Palma : domination, vengeance et violence psychologique traversent son oeuvre comme tant de leitmotiv qu’il manie avec brio. A ses sujets de prédilection, il offre une parfaite personnification du couple blonde Christine (Rachel McAdams) vs. brune Isabelle (Noomi Rapace) auquel il rajoute une touche accrue de désir/plaisir coupable : là où Corneau mettait en scène deux générations (Kristin Scott-Thomas/Ludivine Sagnier), De Palma choisit deux jeunes femmes d’âges quasi-égaux mais que tout oppose.


Christine semble avoir l’avantage de la confiance ; elle irradie, portée par un jeu sensuel voire nymphomane de séduction malsaine. Face à cette succube, la pauvre Isabelle se complaît dans une discrétion teintée de conformisme trompeur. On imagine alors bien que les premiers échanges sont voués à être recalés au rang de badinage lesbien… À tort ! Très vite, tout s’emballe jusqu’à aboutir à une situation profonde et perverse : sous couvert de court-circuitage professionnel, les deux protagonistes usent et abusent de méthodes humiliantes (l’intrigue prend alors ce tour nouveau, presque espéré où les personnages quittent leur manteau d’univocité pour se révéler plus complexes, plus humains en somme) jusqu’à une acmé dramatique aux accents hitchcockiens.


On retrouve ici l’amour, la quasi-filiation mystique entre De Palma et le maître du thriller. Entre faux coupables, meurtre idéal et plans-séquences frénétiques (que celui qui a dit que cela pouvait alourdir voire rallonger une action se jette la première pierre), le réalisateur manipule autant son spectateur que ses personnages, effaçant les frontières du plausible pour finir sur un twixt conclusif diabolique.


D’une critique de la fausseté de la psyché humaine, l’oeuvre passionnée, passionnelle du créateur de Pulsions se transforme en tableau clair-obscur d’un monde trop contemporain pour ses habitants.


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